Qu'est ce que "l'équitation éthologique" ?

Qu'est ce que "l'équitation éthologique" ?

 

INTRODUCTION A L’EQUITATION « ETHOLOGIQUE »

L’équitation éthologique est le terme officiel adopté par la FFE. « Ethologique » signifie étymologiquement « étude du comportement » (pas seulement équin normalement).

En effet, l’équitation éthologique s’appui sur l’observation et l’étude du comportement du cheval, on cherche à le comprendre et apprendre à « parler cheval ». On adopte des comportements logiques pour lui, on adapte des comportements que les chevaux ont entre eux en liberté pour mieux communiquer avec lui.

On cherche avant tout un partenariat avec son cheval, où la confiance et le respect sont en juste équilibre, où l’on est en sécurité et en harmonie. On va inclure le cheval dans le travail en lui donnant des responsabilités. Le travail doit être un moment privilégié qui intéresse le cavalier comme le cheval, il doit plus avoir l’air d’un jeu.

 On bannit certains de nos comportements et de nos réflexes : anthropomorphisme, crispation en cas de problème, ego, colère, frustration, violence, etc que le cheval ne comprend pas et on en va développer d’autres : humour, imagination, patience, calme, pensée latérale, contrôle de soi, détente, contrôle des émotions, de l’énergie, persévérance, timing, feeling, sens de l’observation, de l’analyse…

 

 On travaille sur 3 plans : le plan physique, le plan mental, et le plan émotionnel, on ne cherche plus seulement à contrôler le physique, mais on essai d’établir des contrats avec lui, on cherche a devenir sa référence.

On travaillera toujours en décomposant, c’est en y allant progressivement que l’on évoluera le plus vite. On demandera toujours les choses à l’aide de 4 phases progressives, que l’on essaiera d’adapter au mieux à l’exercice, au cheval, aux objectifs, au moment… On essaiera d’avoir un maximum de feeling et un bon timing, c’est à dire sentir les choses de plus en plus tôt, de plus en plus précisément, pour justement essayer de céder au meilleur moment, car c’est au moment ou l’on relâche que l’on redonne du confort au cheval, et qu’il comprend ce qu’on lui demande.

Pour en revenir aux phases, la phase 1 doit être légère, discrète, la 2e doit « être le double de la 1ère », la 3e le double de la 2e , et la 4e doit être la phase de l’efficacité, la phase où le cheval ne doit pas avoir envie de revenir. C’est grâce à des phases adaptées, une phase 4 efficace, que l’on arrivera à gagner en finesse, en légèreté, en fluidité, en réactivité… La phase 4 doit être efficace mais nous devons rester neutre, ne pas céder à l’énervement ou autre, nous n’en voulons pas au cheval. « Sois aussi doux que possible, mais aussi ferme que nécessaire. Si tu es ferme, ne cède pas à l’énervement ou à la méchanceté ; si tu es doux, n’agis pas en couard » (Pat Parelli) est une citation qui résume parfaitement nos phases et notre attitude générale.

On accepte que les problèmes dans 99% des cas vienne de nous, on n’accuse pas son cheval. Il n’est naturellement ni méchant, ni vicieux, il ne fait pas exprès d’avoir peur, il ne se fiche pas de nous ou autre ; s’il a tel ou tel comportement, c’est toujours lié à quelque chose, il y a toujours une raison, et bien souvent c’est de notre faute.

Equitation classique et équitation éthologique compatibles ? L’équitation éthologique n’a rien de nouveau en soi, les écuyers de l’époque appliquaient déjà ces principes consciemment ou pas, seulement l’équitation classique de club d’aujourd’hui a perdu la plupart de ces notions essentielles… Combien de cavaliers voit-on s’énerver contre leurs chevaux, en mettant toujours le cheval en place du fautif, combien règlent les problèmes à coups de cravache sans réfléchir aux raisons qui poussent leur cheval à réagir ainsi, combien se lancent dans l’escalade des embouchures ou des enrênements pour contrer leurs problèmes ? Il n’y a plus de réflexion autour du cheval, de notion d’homme de cheval, d’art équestre…

L’équitation éthologique, qui a commencé à se diffuser et à se développer depuis quelques années maintenant, grâce à des méthodes qui se veulent pédagogiques, a permis de remettre au goût du jour les principes qu’on avait perdu depuis longtemps, plus d’autres nouveaux, à la portée des cavaliers intéressés. Cependant elle demeure encore souvent boudée par les cavaliers classiques, qui ne voient pas l’intérêt et/ou qui voit l’équitation éthologique encore comme une discipline. Or, on ne fait pas de l’étho comme on fait de l’obstacle, du dressage, du cross ou une balade, c’est une philosophie que l’on appliquera à chaque fois que nous sommes au contact du cheval.

Après on a le choix de fonctionner plutôt classique ou plutôt étho, soit mélanger plus ou moins les deux (en restant cohérents !), les deux ne devraient idéalement ne faire qu’un : l’équitation. Après il ne faut pas tomber comme certains dans les extrêmes, il existe des cavaliers qui se ferment au reste, et qui excluent totalement le classique (ou l’inverse !), voire même d’autres méthodes éthologiques que celle qu’ils utilisent…

Je crois qu’au contraire il faut savoir s’ouvrir à tout… Il faut chercher à s’informer sur les diverses méthodes en lisant des livres ou des magasines, ou bien en participant ou en allant voir des stages, il faut aussi lire des livres sur le comportement équin, des livres d’équitation classique aussi, et bavarder avec d’autres personnes qui s’intéressent à l’étho (en face à face ou via internet)…

Il faut aussi savoir que la Fédération a mis en place depuis 4 ans des tournois d’équitation éthologiques, où l’on peut participer avec une licence 5e catégorie et un cheval inscrit au club SIF. Avant il y avait deux sortes d’épreuves : le sol et le combiné (sol + monté). Il y avait 10 jeux officiels au sol et 10 jeux montés. A partir de 2008 cela s’appelle des tournois « d’Equifeel » où il n’y a que l’épreuve au sol, en conservant les 10 jeux. Il y a des tournois de niveau départemental, régional, et national (à Lamotte Beuvron). (A Toulouse, il y a deux principaux clubs qui organisent ces tournois : L’Eperon à Pin Balma, et Les Ecuries de la Bergerie à Mons).

Il faut aussi savoir que la Fédération à mis en place les « savoirs d’équitation éthologiques », au nombre de 5, dont vous trouverez le contenu dans les rubriques correspondantes. A ces 5 savoirs s’ajoutent les Brevets Fédéraux d’Equitation Ethologique (BFEE) aux nombre de 2. Ils permettent de former aux savoirs, mais pas d’enseigner (il faut le BPJEPS, le BEES 1 ou 2 pour cela).

Pour pouvoir passer le BFEE 1 il faut avoir le savoir 3 et l’AFPS, et si l’on a pas de diplômes d’enseignement, il faut suivre une formation pratique et théorique. Le niveau 1 permet de former aux savoir 1 & 2.

Pour le BFEE 2, il faut le savoir 5 et posséder le BFEE 1, et si pas de diplôme d’enseignement, suivre une formation pratique et théorique. Il permet de former aux savoirs 1 à 5.

 

 

Pour conclure, voici quelques citations qui méritent d’être réfléchies :

 

 

§         "La connaissance du naturel d'un cheval est l'un des premiers fondements de l'art de le monter, et tout homme de cheval doit en faire sa principale étude" (La GUERINIERE)

 §         "Faites en sortes que votre idée devienne la sienne..." (Ray Hunt)

§         "Vous voulez un cheval calme mais fougueux..." (Ray Hunt)

§         "On ne peut prétendre maîtriser un cheval tant qu’on ne se maîtrise pas soi même. Il n’y a pas de meilleurs maîtres que les chevaux pour vous apprendre à contrôler vos émotions.." (Andy Booth)

§         "Accepter de perdre du temps dans l’immédiat permet souvent d’en gagner à long terme." (Andy Booth) / "Les progrès les plus rapides sont faits à petits pas" (Karen Pryon)

§         "Il est rare que les défenses aient d’autres causes que la faiblesse du cheval ou l’ignorance du cavalier" (Baucher)

§         "Pensez comme un cheval mais ne le dotez pas de qualités, d'émotions ou de sentiments humains parce que, par bonheur pour lui, ce n'est pas un être humain" (Henry Blake)

§         "Le cheval enseigne à l'homme la maîtrise de soi, et la faculté de s'introduire dans les pensées et les sensations d'un autre être vivant" (Alois Podhajsky)

§         "Finalement, dresser un cheval, ce n’est pas en faire un robot ou une machine quelconque, mais, en lui gardant sa fraîcheur, un collaborateur obéissant" (Nuno Oliveira)

§         "Le problème n’est pas le problème" (Andy Booth)

§         "Un cheval vaincu n’est pas convaincu" (Marthe Kiley Worthington)

§         "Ne jamais traiter un cheval avec colère" (Xénophon)

§         "Votre cheval vous ressemble comme votre reflet dans un miroir" (John Lyons)

 

 

 

(Texte rédigé par moi même, n'engageant que moi. Aude)

Commentaires (5)

1. Lola Le 18/06/2008 à 18:22

Salut! J'ai vraiment été impressionnée par le travail que tu as accompli avec ton cheval! Votre complicité est vraiment belle à voir! Alors voilà, j'ai eu petite question. Mon voisin a une jument ardennaise qui vit au pré toute l'année. Je peux aller la voir quand je veux ce que je fais tous les jours. Elle n'est pas débourrée (elle a 4ans). J'aimerais le faire suivant le principe éthologique. En sachant que mon but est de pouvoir la monter en liberté (en fait pas tout à fait en liberté mais juste avec le licol). Est-ce que je suis obligée de passer par l'étape apprentissage avec selle-filet ou est-ce que je peux directement lui apprendre à être montée avec un licol? Et j'ai vu que tous ces exercices se pratiquaient en carrière mais quand on n'en possède pas, est-ce que c'est possible de les faire au prè? (le pré étant en principe lieu de repos...). Voilà!

2. Aude Le 24/06/2008 à 11:49

Envoyer un e-mail à Aude
Merci ! Ah une lourde cool Smiley ! Moi je veux bien des photos sur le forum par exemple Smiley

Alors oui si t'as de but de compèt tu t'en fiche de mettre un filet, tu peux faire en licol et continuer comme ça toute sa vie c'est pas un pb.

Moi avant ma carrière c'était un bout de champ o j'avais mis qq piquets et 2 rangées de fils et puis voilà (mm que ça tenait tellement bien qu'une fois j'ai touché avec le pied tout est tombé mdr)

Y en a qui sont contre le fait de travailler ds le pré... Moi je n'y voit aucun inconvénient, à l'époque mon rond de longe était dans le pré, j'ai commencé le travail en étho dans son pré, je suis aussi monté pour les premières fois en freestyle dans le pré aussi, et en bas j'avais des obstacles et on allait faire des parcours avec une copine ou bine je descendais comme ça et hop je la faisait sauter en liberté.

Moi je pense qu'il n'y a pas de pb, après n'hésites pas à aler la sortir un peu (bon pas au tout début mais quand y aura qq bases) la promenener en main, aller la faire brouter etc

Voili voilou ! N'hésites pas à nous faire par de ton évolution soit sur le forum soit tu me dis par msn par exemple :)

A bientôt ! Aude

3. chloé Le 29/12/2008 à 11:12

Smileyok

4. isa Le 07/03/2009 à 14:38

Bonjour, penses-tu que je peux travailler cette méthode avec un étalon, car j'aimerais vraiment ne plus prendre de cravache en balade , je ne m'en sers pas souvent mais ça a déjà été nécessaire car au retour des balade, il essaie de mordre les juments avec qui nous avons fait la balade . OPendant celle-ci, il est super, on marche botte à botte mais au retour, arrivé à un certain endroit, il baisse ses oreilles et essaie de mordre !!! Je dois le corriger mais je préfererais comprendre et ne plus utiliser la cravache.

Encore merci pour tous ces conseils que l'on peut trouver sur ce site.

Isa


5. dg Le 10/07/2009 à 09:00

dg
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Dernière mise à jour de cette page le 30/05/2008

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